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La Vie au Boulot a la grande tristesse de vous faire part du décès de Loïc Bonneterre,  survenu le 1er mars. Loïc a été un des pionniers de La Vie au Boulot, apportant sa finesse d’esprit, son intelligence redoutable, son humour irremplaçable et sa vision toujours positive de la vie.

LVB c’est aussi cela : des amitiés fortes, des moments partagés de rigolades, de créativité et d’intense réflexion. Pour rendre hommage à Loïc, nous avons décidé de publier un article où sa plume alerte nous fait vivre sourires, réflexions et introspections.

 

Le management exclut-il la gentillesse ?

De Loïc BONNETERRE

A cheval entre crédulité et niaiserie, les expressions populaires ne sont pas tendres pour les gentils et la maxime « Gentil n’a qu’un œil » comme l’expression « trop bon, trop con » disent tout à ce propos.

Ainsi, le gentil serait tout à la fois déficient, manquant de lucidité sur ses congénères et les situations qui l’entourent, pour ne pas dire totalement dépourvu du sens des réalités. Le gentil, la gentille, c’est Anémone dans Le Père-Noël est une ordure que Marie-Anne Chazel affuble d’un définitif : « Thérèse, elle est bien gentille… ».

 

Au boulot, dans cet univers parfois impitoyable qui n’a rien à envier à Dallas, peut-on conjuguer réussite, performance et gentillesse ? Pour notre part, nous avons décidé de braquer le projecteur de la gentillesse sur le management et les relations humaines, domaine dans lequel le débat semblait définitivement clos : JR, dans le domaine des affaires, a l’ascendant sur Bobby.

 

L’environnement économique concurrentiel a déteint sur notre perception consciente ou inconsciente de l’entreprise : elle impose l’esprit de compétition ! L’ambition de réussite implique une agressivité conquérante.

La gentillesse, synonyme de faiblesse et de manque d’affirmation ne semble pas trouver sa place au sein des équipes. Cette vision a contribué à modeler un management viril et guerrier, concentré sur la réussite individuelle, ignorant la construction d’équipes solidaires et performantes. Le paradoxe a d’ailleurs conduit au développement d’une pratique de cohésions d’équipes (bien mal nommées) reposant sur la compétition, la prise de risques (ex : pratiques sportives à sensations) et non sur la valorisation de la complémentarité et de la solidarité qui font le ciment d’une équipe. Ces valeurs gagnent du terrain auprès des dirigeants qui mesurent combien l’investissement sur l’équipe, le collectif, est plus payante que la gestion seule du potentiel individuel.

 

Bien au contraire, le gentil retrouve ses racines de « gentilhomme », d’aristocrate moral caractérisé par sa grandeur d’âme et sa vertu. Le gentil serait ainsi la figure moderne du chevalier : bienveillant, ouvert et réceptif à l’expression émotionnelle, la confiance dans les relations humaines. On perçoit une intelligence relationnelle puissante qui lui permet de venir à bout de bien des situations délicates, de prévenir des conflits et quand ils surviennent, d’être identifié comme un possible médiateur. Il y a donc une force et une puissance toute en souplesse chez le gentil. En revanche, le conquérant cynique, critique et prompt au sarcasme, qui paraissait le parangon de l’intelligence, fait valoir le rapport de force, l’habileté et la concurrence dans les relations professionnelles, avec des résultats très incertains.

Plus que de la gentillesse, c’est de bienveillance qu’il s’agit.

 

 

La bienveillance, quel beau programme qu’on rêverait de voir s’appliquer dans tous les contextes professionnels…

 

Pour esquisser les premiers pas dans ce sens sans risquer de devenir le « pigeon » de service, voilà quelques conseils :

 

  • Gentil, pour les autres, mais d’abord pour soi: donner des signes de reconnaissance, c’est aussi le meilleur moyen d’en recevoir. La bienveillance vous fait aussi du bien ! Ceci renforce à la fois votre estime de vous-même et votre rayonnement dans l’organisation.
  • Gentil, mais pas paillasson: la gentillesse, à la maison comme au boulot, nécessite de faire des choix. Elle implique d’être affirmé, c’est-à-dire de savoir dire « non ». Vos envies, vos besoins sont une bonne boussole qui doivent vous inviter à une gentillesse dans la limite de vos capacités et du respect de vos émotions (tristesse, colère, etc.).
  • Gentil, mais pas sauveteur : la gentillesse et l’ouverture n’impliquent pas, loin s’en faut, de voler en super héros au secours de toutes les détresses, avérées ou supposées et de prendre en charge sans y être autorisé les problèmes d’autrui. Attendre une demande, proposer de l’aide sans s’imposer évitent la glissade dans les jeux psychologiques qui mettent en scène victime, sauveteur et persécuteur et nourrissent tous les psychodrames, qu’on se raconte à la machine à café.
  • Gentil, mais pas au pays des Bisounours: notre comportement doit s’adapter à une situation réelle et non à un environnement rêvé ou idéal. Déconnecter temporairement les faits de l’émotionnel pour prendre conscience des risques de conflits par exemple, évite de foncer tête baissée, le cœur sur la main, et de se mettre ainsi inutilement en danger.

 

 

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